L’Alliance des soignants pour la Palestine (ASP) exprime sa profonde inquiétude concernant les travailleurs et les enseignants de la santé canadiens dans l’armée israélienne
[English Version] [Rejoignant la liste]
le 4 mars, 2026
L’Alliance des soignants pour la Palestine (ASP) condamne fermement les professionnels et les universitaires de la santé qui servent dans l’armée israélienne, une armée qu’une commission d’enquête internationale indépendante de l’ONU a déterminée comme étant impliquée dans un génocide et à des crimes de guerre.
Ces derniers mois, plusieurs rapports ont fait état de Canadiens ayant servi dans l’armée israélienne, y compris depuis octobre 2023. Les noms de 206 Canadiens ayant prétendument occupé des fonctions au sein des forces armées israéliennes ont été publiés en ligne. La liste comprend des professionnels et universitaires de la santé. La dernière mise à jour, datée du 15 octobre 2025, porte à 49 le nombre total de Canadiens de tous horizons professionnels ayant vraisemblablement servi dans l’armée israélienne au cours des deux dernières années. Cette révélation est d’autant plus alarmante que, le 17 février 2026, il a été rapporté que plus de 1500 Canadiens avaient servi dans les rangs des forces armées israéliennes l’année précédente.
Plusieurs rapports et publications scientifiques, dont un article du British Medical Journal, ont documenté des actes de torture commis sur des Palestiniens par des professionnels de santé dans des prisons et des hôpitaux militaires israéliens. Si l’identité et la nationalité de ces personnes restent en grande partie inconnues, le parcours professionnel de ceux qui s’engagent dans les forces armées israéliennes ne les exonère pas de toute complicité dans des atrocités criminelles et autres infractions.
Les patients et les apprenants, notamment les Palestiniens, ont amplement raison de s’alarmer et de refuser les soins et la supervision prodigués par des professionnels de santé et des enseignants ayant des liens avec l’armée israélienne. Être pris en charge ou supervisé par un clinicien qui fait ou a fait partie de l’armée israélienne, compte tenu de son bilan, compromet la relation clinicien-patient et clinicien-apprenant, érode la confiance et la sécurité et compromet les soins et l’apprentissage.
La participation de professionnels de santé à des actes qui violent les droits humains est très préoccupante. De tels actes sont explicitement interdits par le Code d’éthique et de professionnalisme de l’Association médicale canadienne, auquel adhèrent de nombreux ordres provinciaux de médecins. Le code souligne clairement que les médecins doivent «toujours refuser de prendre part à des activités allant à l’encontre des droits fondamentaux de la personne et refuser de soutenir ce type d’activités» et doivent «refuser de participer à des activités de torture ou à toute intervention cruelle, inhumaine ou dégradante,»{ et «ne jamais tolérer ce type d’activités.» Des normes similaires s’appliquent dans d’autres professions dans le domaine des soins de santé, notamment les soins infirmiers (Code de déontologie de l’Association des infirmières et infirmiers du Canada), la pharmacie (Principes de professionnalisme de l’Association nationale des organismes de réglementation de la pharmacie) et la profession d’adjoint au médecin (AM). Le code de déontologie des AM stipule que les AM doivent « refuser de participer à des pratiques enfreignant les droits humains fondamentaux, ou d’appuyer de telles pratiques ». Ce principe se retrouve dans les codes moraux, éthiques et professionnels à l’échelle régionale et mondiale. Ceux qui enfreignent ces codes fondamentaux doivent être tenus responsables par leurs organismes de réglementation professionnels respectifs et les défenseurs de la communauté en général.
Les établissements de santé et les institutions universitaires canadiens entretiennent depuis longtemps une culture de racisme anti-palestinien. En autorisant à leur personnel des congés pour rejoindre une armée étrangère impliquée dans des crimes de guerre, ces institutions se rendent vraisemblablement complices de ces actes. Cette violation des codes de conduite professionnels fondamentaux est d’autant plus préoccupante que les professionnels de santé qui critiquent l’armée israélienne sont victimes de harcèlement, de musellement et d’intimidation de la part de ces mêmes institutions.
Nous appelons les institutions et les organismes de réglementation à exercer leur devoir de protection du public en faisant respecter leurs codes de conduite et de déontologie professionnels respectifs.
L’Alliance des soignants pour la Palestine
Signataires:
- International Centre of Justice for Palestinians (ICJP) – Canada
- Arab Canadian Lawyers Association (ACLA)
- Canadians for Justice and Peace in the Middle East (CJPME)
- Doctors Against Genocide (DAG)
- Palestinian Youth Movement (PYM)
- Canadian Muslim Healthcare Network (CMHN)
- Toronto Indigenous Harm Reduction (TIHR)
- Jews Say No To Genocide (JSNTG)
- Ottawa Healthcare Professionals for Palestine
- Labour for Palestine – Canada
- Doctors for Humanity
- Canadian Muslim Public Affairs Council (CMPAC)
- Independent Jewish Voices – Canada
- The Coordinating Council for Palestine (CC4P)
- Paramedics for Palestine
- Health Providers Against Poverty (HPAP)
- Voix Juives Indépendantes – Montréal
- BC Nurses United for Social Justice
- Vancouver Health Care Workers for Palestine
- Health Workers Against Genocide Victoria
- People’s Health Movement – Canada
- Rehab for Palestine
- Independent Jewish Voices – Toronto & York Region chapter
- Simcoe County for Palestine
- Mississauga-Streetsville for Palestine
